Notre mission est de mettre à disposition un espace où rencontrer les auteurs

Gesa Schneider dirige la Literaturhaus de Zurich depuis 2013. Plusieurs rencontres avec des auteurs francophones sont programmées cet automne, en écho à la Foire du livre de Francfort.

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Quelle est la mission et quels sont les objectifs de la Literaturhaus ?

Nous organisons environ trois événements par semaine, au total 120 par an. La plupart se déroulent dans nos murs. Mais nous programmons aussi des événements hors-les murs avec des partenaires comme le cycle « littérature et musique » ou des lectures dans des appartements privés.
Le format habituel de nos événements est celui de la rencontre autour d’un ou d’une auteur(e) qui vient présenter une nouveauté à notre public. Nous disposons de 140 places et il faut bien avouer que nous avons la chance d’avoir beaucoup de public.
S’il s’agit d’un auteur germanophone, il va lire lui-même des extraits de son ouvrage, puis une discussion va s’instaurer.
Les auteurs de langue étrangère viennent généralement présenter un livre tout juste traduit en allemand. Des extraits sont lus en allemand et font l’objet d’échanges dans la langue de l’auteur en traduction simultanée.

Quel est le modèle d’une Literaturhaus ?

C’est un modèle très répandu dans la partie germanophone de l’Europe. Les lecteurs et lectrices adorent venir écouter des auteurs. Les écrivains sont des observateurs et observatrices de notre monde et le public aime les entendre parler. D’autant que ces personnes ont un don du langage. Notre mission principale est de mettre à disposition un espace où rencontrer les auteurs.
Notre Literaturhaus reçoit principalement des auteurs de langue allemande, mais pas seulement. Nous tentons d’élargir le cercle à des auteurs internationaux, issus de parties du monde plus reculées.
Nous essayons aussi d’atteindre des publics de lecteurs qui ne sont pas forcément assidus.
En comparaison, ce qui se rapprocherait le plus en France du modèle de la Literaturhaus, c’est la Maison de la poésie à Paris, mais elle promeut davantage un aspect performatif de la littérature. Tandis que nous restons concentrés sur l’écrit et la parole.

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Qui soutient vos projets ?

La Literaturhaus de Zurich est une association qui existe depuis 1999. Nous avons la chance d’être physiquement abrités dans la maison d’une société de lecture fondée au début du 19e siècle, la Museumsgesellschaft. Elle avait pour fonction de mettre à disposition du public son fonds de 140 000 livres.
La Literaturhaus est largement subventionnée par la ville de Zurich ainsi que par des partenaires privés, notamment la banque cantonale zurichoise. Pour certains projets, nous bénéficions de soutiens de fondations comme ProHelvetia ou la Fondation Oertli. A noter également que nous faisons des entrées payantes, qui financent les programmes.
Il faut savoir que les auteurs, et toutes les personnes qui interviennent reçoivent des honoraires pour leurs prestations.

Votre programme d’automne est dense en rencontres d’auteurs francophones. Pourquoi cet accent sur la littérature francophone ?

Tout au long de l’année et depuis toujours, nous recevons des auteurs francophones. Parmi les plus importants : Laurent Binet, Dany Lafferrière, Marie Ndiaye. Des auteurs de la Suisse romande interviennent notamment dans le cadre de notre projet « Ces voisins inconnus » pour faire se rencontrer les différentes langues de Suisse.
Nous accueillons aussi pour 6 mois, à Zurich, une auteure en résidence : la sénégalaise Ken Bugul. Depuis qu’elle est ici, elle a une très grande visibilité dans les médias locaux.
Cet automne, nous avons effectivement programmé plusieurs auteurs de langue française.
Edouard Louis était avec nous le 21 septembre. Bientôt, nous accueillerons Patrick Deville, Boualem Sansal, Pascale Kramer.
Le fait que la France soit invitée d’honneur à la Foire de Francfort cette année a permis de mettre l’accent sur plusieurs auteurs français et francophones. Notre sélection se fait en fonction de nos centres d’intérêt et des opportunités. Par exemple, la venue de Patrick Deville a été facilitée par sa maison d’édition zurichoise. Boualem Sansal a répondu présent grâce à une coopération avec l’Université de Zurich et l’Ecole polytechnique de Zurich.

Voyez-vous une constante dans la littérature francophone ?

La particularité qui se dégage actuellement dans la littérature francophone, c’est la volonté d’ouverture. On parle désormais davantage de littérature de langue française, et non plus de littérature française. On le voit très bien sur la liste des auteurs en langue française de la Foire de Francfort : de plus en plus d’auteurs viennent d’ailleurs.

La sélection francophone de cet automne à la Literaturhaus

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Literaturhaus Zürich
Limmatquai 62, Postfach, CH-8024 Zürich
Retrouvez toutes les informations en ligne sur la Literaturhaus

Dernière modification : 27/09/2017

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